Episode 6: Sous le signe du bristol
Du haut de ses santiags, Jérôme contemplait le massacre qu’il venait d’occasionner. Devant lui, les quelques rares morceaux de cheval encore chauds semblaient tenter de chanter une dernière fois, tandis que Bob peinait à s’extraire de l’auto-stoppeur dans lequel il s’était encastré. De son côté, Bobette parvenait tout doucement à sortir de sa cellule de survie, jurant comme un sapeur pompiste : « Corbeau ! Saloperie ! Un mouton à quinze milles ! Regarde-moi ça le carnage ! Même la boite noire est foutue ! … » D’un seul bond, elle stoppa ses cris véloces. En effet, quelques mètres en amont, elle venait d’apercevoir sa tante qui gisait à plat ventre sur le sol. Celle-ci hurlait comme une biscotte qu’on égorge. « kkkkkkkrrrrrrrrr krrrrrrrrrr ! » lançait-elle contre le bitume. Bobette s’avança vers elle, sous les yeux toujours ébahis du camionneur qui décida qu’il valait mieux qu’il se tape une petite cannette derrière l’oreille. Et tandis que Bobette retournait sa tante, les sons qui émanaient de celle-ci devenaient de plus en plus audibles : « On ne retrouvera jamais Lambic ! On a bouzillé le seul indice qu’on avait ! Mais qu’on est cons ! Et surtout toi vieille taupe desséchée ! ». De rage, elle venait de tacler Bobette à hauteur de la gueule.
A quelques mètres de là et suggérant l’allure sardonique d’un colin, les deux inspecteurs aux képis chatoyants arrivaient sur les lieux. Une fois leur véhicule confortablement parqué, Jean-Postiche et son homologue s’avancèrent vers Sidonie qui taclait et retaclait encore la pauvre Bobette en vociférant de plus belle. « Shit up ! ». D’un coup de boule parfaitement commercialisé dans la partie pubienne de la tagueuse de clébards, Jean-Michel venait de faire revenir celle-ci à la raison. « Bon maintenant ma pauvre femme il va falloir jouer serrer » commença l’inspecteur. « Apparemment le canasson en à pris pour son grade, niveau interrogatoire on est plutôt de la revue… notre seule solution c’est d’analyser les restes pour trouver d’éventuels indices. Je doute qu’il est fait le coup tout seul… il faut qu’on trouve qui l’a envoyé ». « Oui mais comment comptez-vous procéder ? Avec le vent qu’il y a, dans quelques minutes toute trace d’ADN aura disparu !» répondit Bob qui rejoignait la joyeuse bande. « Ne te tracasse pas jeune imberbe… on a tout prévu ». Jean-Postiche ouvrit son manteau et en sortit un petit appareil asexué. « La crème de ce qui se fait de mieux en matière d’analyse ADN mon canard ! Rapide, précis et portatif… même les experts n’en ont pas un comme ça. » A ces mots, son collègue fronça les sourcils : « enculés d’experts… on vous enfourne par derrière !» « Ouais enculés d’expert ! » Reprit Jean-Postiche de sa voix pimpante. « Enfin soit, avec cet ustensile on va être fixés rapidement ». Les deux comparses s’avancèrent vers les restes potentiellement analysables et mirent en route leurs outillages.
Une dizaine de mètres plus loin, Jérôme, qui terminait sa cannette avec entrain, décida qu’il était temps de faire connaissance. Aussi étrange que cela puisse paraître, personne ne semblait avoir remarqué sa présence, et cette constatation commençait furieusement à le titiller, lui qui était si sociable. Il s’avança prudemment dans le dos de Bob, et lui hurla ces quelques mots à l’oreille : « On dirait que tes copines sont mortes ! C’est ballot ! » . Saisi par la vivacité de cette entrée en matière, Bob ne pu s’empêcher de tomber à la renverse. Mais par chance, sa chute fut amortie par l’épaisseur douillette de ses coudes. « Vous vous méprenez mon bon monsieur. Elles ne sont que légèrement amochées… d’ailleurs regardez elles respirent encore parfaitement » répondit Bob en désignant les petits nuages de fumées qui sortaient de la pipe de sa soeur. « Ma foi tu as raison mon petit gastronome. Quelle résistance ! Mais dis moi j’ai une question à te poser… qu’est ce donc que cette merveilleuse mascarade ? Je n’ai jamais vu pareil spectacle de toute ma carrière de camion-trotteur ! » Le garçon n’eu pas le temps de répondre. « Affaire criminelle mon bon monsieur ! » s’interposa Jean-Michel. « Kidnapping sur la personne d’un certain Lambic, et vous venez de télescoper le seul indice valable que nous possédions. Ha ça, je peux vous dire que vous avez mal choisi votre jour pour percuter des canassons. Enfin swat comme on dit dans la police… je vais devoir pratiquer les coutumes d’usages.. Puis-je vous demander de me présenter vos papiers et de souffler dans ce ballon ? ». « Certainement, j’adore ça ! » répondit le grand homme à la banane lustrée. Il enfila un maillot à chacun de ses doigts et plongea sa main dans une de ses poches, de laquelle il extirpa son portefeuille. Il ouvrit celui-ci : « Voilà, par ordre alphabétique je vous présente Jean Papier, mon fils, et voici Cocotte, un origami que j’ai adopté lors d’un bref séjour en Chine. « OK c’est en ordre. Maintenant vous serez gentil de me gonfler copieusement ce ballon » formula Jean-Michel en lui tendant l’éthylotest. « Je vous le fais pour pas un balle ! » Jérôme s’exécuta et rendit l’appareil à son interlocuteur. « 3400 grammes.. un beau bébé, c’est dans la norme! Merci pour votre collaboration, c’est toujours un plaisir de baragouiner avec des gaillards comme vous.. »
A quelques pas du couple naissant, on entendit soudain des exclamations provenant du haut-gradé: « Les crapules ! Les crapules ! Ils ont tout prévu depuis le début ! Regardez-moi ce que j’ai trouvé ! » Rangeant son appareil, Jean-Postiche revint près de son confrère et lui présenta ce qu’il venait de trouver au cœur même des débris hippiques: une balise de guidage à distance ainsi qu’un petit carton vierge et rectangulaire. « Regarde au dos du bristol! Un numéro de téléphone !» lança t’il en direction de son confrère. L’excitation de l’agent de la maréchaussée était telle qu’elle commençait à ranimer Bobette et sa tante. La plus vieille des deux, tentant péniblement de se redresser, interpella le policier : « Vous avez trouvé quelque chose ? Dites moi que vous avez une piste ! Je veux savoir ! I want to know ! » « Madame, calmez-vous et restez polie je vous prie. » répondit le moustachu. « C’est une furieuse piste que nous avons là. Avec mes états de services, je peux me targuer de bien connaître le monde du lambicnapping. Et ce genre de méthodes, je les connais par cœur. En effet, je sais reconnaître un chat quand j’en vois un, et là je peux vous dire que ça n’a rien à voir. Pas de pattes, pas de moustaches, je pourrais agiter une boite de Whiskas pendant des heures sans qu’il ne bronche d’un cil. Non ça madame, c’est une carte de visite ! Et ça sent la rançon à plein nez ! Nous n’avons pas d’alternative, je vais devoir vous demander de joindre ce numéro via notre téléphone sécurisé. Après ça on sera fixés sur les intentions de l’ennemi. Veillez à dire oui à tout ce qu’ils vous demanderont. Mais surtout ne révélez pas notre présence. De notre côté, on va tenter de localiser le correspondant… je vous garantit qu’on les coincera ».
Les 6 personnes allèrent se poster à côté de la voiture de police. Sidonie s’assit sur le siège avant et pris le téléphone de ses deux mains habituées à agripper des trucs. « Donnez-moi le numéro inspecteur ». « C’est le douze ». Sidonie composa le numéro. Pendant ce temps, Jérôme scrutait les environs, essayant d’apercevoir quelqu’un qui décrocherait son téléphone. « Sacré Jérôme ! » se disait Bob intérieurement. Dans l’habitacle, Sidonie avait finit de composer les deux chiffres. Plusieurs sonneries retentirent à travers le haut-parleur, plus longues les unes que les autres. Puis soudain une voix lugubre se fit entendre : « Bonjour Sidonie. Avez-vous déjà dansé avec le diable au clair de lune ?..»
A quelques mètres de là et suggérant l’allure sardonique d’un colin, les deux inspecteurs aux képis chatoyants arrivaient sur les lieux. Une fois leur véhicule confortablement parqué, Jean-Postiche et son homologue s’avancèrent vers Sidonie qui taclait et retaclait encore la pauvre Bobette en vociférant de plus belle. « Shit up ! ». D’un coup de boule parfaitement commercialisé dans la partie pubienne de la tagueuse de clébards, Jean-Michel venait de faire revenir celle-ci à la raison. « Bon maintenant ma pauvre femme il va falloir jouer serrer » commença l’inspecteur. « Apparemment le canasson en à pris pour son grade, niveau interrogatoire on est plutôt de la revue… notre seule solution c’est d’analyser les restes pour trouver d’éventuels indices. Je doute qu’il est fait le coup tout seul… il faut qu’on trouve qui l’a envoyé ». « Oui mais comment comptez-vous procéder ? Avec le vent qu’il y a, dans quelques minutes toute trace d’ADN aura disparu !» répondit Bob qui rejoignait la joyeuse bande. « Ne te tracasse pas jeune imberbe… on a tout prévu ». Jean-Postiche ouvrit son manteau et en sortit un petit appareil asexué. « La crème de ce qui se fait de mieux en matière d’analyse ADN mon canard ! Rapide, précis et portatif… même les experts n’en ont pas un comme ça. » A ces mots, son collègue fronça les sourcils : « enculés d’experts… on vous enfourne par derrière !» « Ouais enculés d’expert ! » Reprit Jean-Postiche de sa voix pimpante. « Enfin soit, avec cet ustensile on va être fixés rapidement ». Les deux comparses s’avancèrent vers les restes potentiellement analysables et mirent en route leurs outillages.
Une dizaine de mètres plus loin, Jérôme, qui terminait sa cannette avec entrain, décida qu’il était temps de faire connaissance. Aussi étrange que cela puisse paraître, personne ne semblait avoir remarqué sa présence, et cette constatation commençait furieusement à le titiller, lui qui était si sociable. Il s’avança prudemment dans le dos de Bob, et lui hurla ces quelques mots à l’oreille : « On dirait que tes copines sont mortes ! C’est ballot ! » . Saisi par la vivacité de cette entrée en matière, Bob ne pu s’empêcher de tomber à la renverse. Mais par chance, sa chute fut amortie par l’épaisseur douillette de ses coudes. « Vous vous méprenez mon bon monsieur. Elles ne sont que légèrement amochées… d’ailleurs regardez elles respirent encore parfaitement » répondit Bob en désignant les petits nuages de fumées qui sortaient de la pipe de sa soeur. « Ma foi tu as raison mon petit gastronome. Quelle résistance ! Mais dis moi j’ai une question à te poser… qu’est ce donc que cette merveilleuse mascarade ? Je n’ai jamais vu pareil spectacle de toute ma carrière de camion-trotteur ! » Le garçon n’eu pas le temps de répondre. « Affaire criminelle mon bon monsieur ! » s’interposa Jean-Michel. « Kidnapping sur la personne d’un certain Lambic, et vous venez de télescoper le seul indice valable que nous possédions. Ha ça, je peux vous dire que vous avez mal choisi votre jour pour percuter des canassons. Enfin swat comme on dit dans la police… je vais devoir pratiquer les coutumes d’usages.. Puis-je vous demander de me présenter vos papiers et de souffler dans ce ballon ? ». « Certainement, j’adore ça ! » répondit le grand homme à la banane lustrée. Il enfila un maillot à chacun de ses doigts et plongea sa main dans une de ses poches, de laquelle il extirpa son portefeuille. Il ouvrit celui-ci : « Voilà, par ordre alphabétique je vous présente Jean Papier, mon fils, et voici Cocotte, un origami que j’ai adopté lors d’un bref séjour en Chine. « OK c’est en ordre. Maintenant vous serez gentil de me gonfler copieusement ce ballon » formula Jean-Michel en lui tendant l’éthylotest. « Je vous le fais pour pas un balle ! » Jérôme s’exécuta et rendit l’appareil à son interlocuteur. « 3400 grammes.. un beau bébé, c’est dans la norme! Merci pour votre collaboration, c’est toujours un plaisir de baragouiner avec des gaillards comme vous.. »
A quelques pas du couple naissant, on entendit soudain des exclamations provenant du haut-gradé: « Les crapules ! Les crapules ! Ils ont tout prévu depuis le début ! Regardez-moi ce que j’ai trouvé ! » Rangeant son appareil, Jean-Postiche revint près de son confrère et lui présenta ce qu’il venait de trouver au cœur même des débris hippiques: une balise de guidage à distance ainsi qu’un petit carton vierge et rectangulaire. « Regarde au dos du bristol! Un numéro de téléphone !» lança t’il en direction de son confrère. L’excitation de l’agent de la maréchaussée était telle qu’elle commençait à ranimer Bobette et sa tante. La plus vieille des deux, tentant péniblement de se redresser, interpella le policier : « Vous avez trouvé quelque chose ? Dites moi que vous avez une piste ! Je veux savoir ! I want to know ! » « Madame, calmez-vous et restez polie je vous prie. » répondit le moustachu. « C’est une furieuse piste que nous avons là. Avec mes états de services, je peux me targuer de bien connaître le monde du lambicnapping. Et ce genre de méthodes, je les connais par cœur. En effet, je sais reconnaître un chat quand j’en vois un, et là je peux vous dire que ça n’a rien à voir. Pas de pattes, pas de moustaches, je pourrais agiter une boite de Whiskas pendant des heures sans qu’il ne bronche d’un cil. Non ça madame, c’est une carte de visite ! Et ça sent la rançon à plein nez ! Nous n’avons pas d’alternative, je vais devoir vous demander de joindre ce numéro via notre téléphone sécurisé. Après ça on sera fixés sur les intentions de l’ennemi. Veillez à dire oui à tout ce qu’ils vous demanderont. Mais surtout ne révélez pas notre présence. De notre côté, on va tenter de localiser le correspondant… je vous garantit qu’on les coincera ».
Les 6 personnes allèrent se poster à côté de la voiture de police. Sidonie s’assit sur le siège avant et pris le téléphone de ses deux mains habituées à agripper des trucs. « Donnez-moi le numéro inspecteur ». « C’est le douze ». Sidonie composa le numéro. Pendant ce temps, Jérôme scrutait les environs, essayant d’apercevoir quelqu’un qui décrocherait son téléphone. « Sacré Jérôme ! » se disait Bob intérieurement. Dans l’habitacle, Sidonie avait finit de composer les deux chiffres. Plusieurs sonneries retentirent à travers le haut-parleur, plus longues les unes que les autres. Puis soudain une voix lugubre se fit entendre : « Bonjour Sidonie. Avez-vous déjà dansé avec le diable au clair de lune ?..»
