Episode 5: Colin Mc Bob
Au plein cœur de la cacophonie générale qui règnait sur le domaine de Gnouf-Town, Bob et sa tante parvenaient enfin à ouvrir leur garage, sous les encouragements gastriques de Bobette. A l’intérieur, parmis les spoilers et autres jantes qui gisaient sur le sol, on pouvait distinguer les deux bolides appartenant aux enfants : des moutons du Brésil. Mais pas n’importe lesquels, loin de là. En effet, en fervent amateur de bricolage et de haute-couture, Bob avait réussi à kitter ses animaux avec la dernière technologie disponible dans le tuning animalier. Pattes de 4 pouces, réservoir chromé, pelage dorsal en cuir imitation laine, siège banquette,... la Rolls des mangeurs d’herbe. Sa plus grande fierté était sans nul doute le réducteur à trois vitesses qu’il avait réussi à loger entre un poumon et le foie. Ce dispositif était contrôlé via le tableau de bord installé à l’avant de la bête, permettant ainsi de sélectionner en toute convivialité la vitesse désirée: Mouton rétro, Mouton bio, Mouton turbo.
Bob et Bobette se lancèrent chacun sur l’un de leurs fauves. Un en un coup de cric simultané, ceux-ci se mirent à vrombir avec force et fracas. « Braoomm Bèèèèbèèèè » crachait les puissantes bestioles tandis que Sidonie allait démarrer sa trottinette. « En avant les nazes ! On se le choppe et on le bouffe ! » hurla-t-elle en enfilant sa casquette.
En a peine quelques tours de pattes, la fine équipe commençait à apercevoir le canasson. Celui-ci courrait à toute allure sur la route sinueuse qui menait à la ville voisine.
« Je vais couper la route de ce simili poney en prenant la diagonale ! Vous deux collez-lui au train» cria Bob. Il tira alors fortement la tête de son bolide vers la droite pour s’engager dans un chemin de terre, dans un crissement de sabots effronté. Bobette et sa tante rattrapaient l’étalon, elles n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres de lui. « La distance idéale pour une taggeuse de clébard professionnelle » se dit Sidonie. Elle sortir son pistolet à peinture et commença à mitrailler la bête. Celui-ci virevolta à temps pour éviter le jet, et alla percuter Bobette qui, pour relâcher son stress, avait maladroitement lâché son volant pour se bourrer une petite pipe. Surprise, celle-ci perdit le contrôle de son mouton et passa à travers un hangar situé le long de la route. Faisant corps à sa machine, elle filait droit vers un mur. En rétrogradant en Mouton bio, elle réussit à rétablir son équilibre et contourna l’obstacle. « Je vais perdre trop de temps !» rugit-elle les cheveux sur la tête, « tant pis je tente le tout pour le tout ». Elle enclencha alors la troisième et enfourna un Yop dans la gueule de sa monture. Celle-ci pèta des flammes prodigieuses, l’entraînant dans une accélération hors du commun. Puis tel un véritable Saint Nicolas, Bobette profita de sa vitesse pour sortir par une cheminée et retomber en direction du duo trottino-hippique. A l’image de sa canne, la chute de Bobette fut longue et vertigineuse. Enfin elle réussit à atterrir dans un bruit sourd et muet sur la route, à quelques mètres du canasson fou furieux. « On the road again » rugit alors le mouton mobile.
A l’horizon, on voyait un point lumineux qui arrivait transversalement à notre trio. C’était Bob, qui allait tenter d’intercepter la canaille. Le point d’impact était situé à une centaine de mètres. Plus loin, un camion arrivant en contre-sens semblait tituber le long de la route. Il était ivre, sans aucun doute. Sidonie sentait le danger, Bobette sentait la trouille, le cheval lui battait la mesure de ses sabots vertueux. Le carrefour s’approchait dangeureusement. Bob avait sortit son filet de pêche pour interceptionner le fuyard, mais n’avait pas vu le camion qui arrivait de l’autre côté.. Plus quelques dizaines de mètres.. Bobette se blottit à son siège, il était trop tard pour freiner. Sidonie ferma les yeux. Le camion arrivait à toute allure, zig-zagant au beau milieu de la chaussée. Sur la droite, Bob arrivait son filet à la main, tel un véritable chevalier. Le chevalier et sa monture. Un héros des temps modernes, dernier recours des innocents et des sans espoir, victimes d'un monde cruel et impitoyable.. bramait-il à tue-tête pour se donner du courage. Surgit alors l’inévitable accident. Le choc fut terrible et têtu. Bob choppa l’animal dans son filet, évitant in extremis le semi-remorque. Mais sa proie n’eu pas cette chance et fut embarquée sur plusieurs dizaines de mètres, entraînant Bobette et sa tante sur le bitume dans un jet de flammes et de morceaux de mouton. Bob alla quant à lui terminer sa course dans un auto-stoppeur qui passait par là. Après quelques secondes, l’épais nuage de fumé retomba, dévoilant la scène dans un silence complet. Plus un sourcil ne donnait signe de vie. Au loin, on commençait à attendre la voiture des policiers qui arrivaient avec empressement. Soudain, la porte du camion s’ouvrit doucement. Un grand saisi surplombé d’une banane capillaire en sortit. Sur son blouson d’apparat en abeille véritable, se dressait un badge new Bit avec l’inscription « I’m Jérome, i love chrome ». Le routier se posta au milieu de la route pour contempler les dégats. « Mes couilles ! Faut que j’arrête de tèter ! ».

4 Comments:
Putain mes couilles ! Toujours aussi emballante cette saga.
Content d'entendre les répliques typiques de Jérôme...
Je trépigne d'impatience en attendant la suite de ces nouvelles aventures de Bob et Bobette...
Les routiers sont sympas !
Il s'est fait attendre, mais c'est a mon humble avis le meilleur de tous, go on Ismak funky writer
Quel road movie à perdre la laine ! Ma fois, une histoire moutonnement bien ficellée!
Ton imagination d'éborde...Monsieur Collard serait tres fier de tes nombreuses metaphores!Il te metrait surement un petit TB devant chaque phrase!!!
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